On nous avait promis un rééquilibrage du marché du logement. Un an après son entrée en vigueur, la loi Le Meur a surtout produit une chose : de l'incertitude. Faisons le point, chiffres à l'appui, sans caricature.
La règle des 90 jours : un cadre flou, contesté jusqu'au Conseil d'État
La possibilité pour une commune d'abaisser à 90 jours la durée de location d'une résidence principale cristallise le débat. Le problème n'est pas le chiffre : c'est l'absence de critères objectifs. « Nuisances », « fausses résidences principales », « surtourisme » — autant de termes brandis sans définition légale claire, sans zonage différencié entre quartiers touristiques et résidentiels.
C'est ce que le SPLM a défendu devant le Conseil d'État, via une Question Prioritaire de Constitutionnalité : restreindre un droit aussi fondamental que la propriété exige un cadre défini.
L'effet réel : moins d'offre, moins de pouvoir d'achat touristique
La location saisonnière était une bouffée d'oxygène : moins chère qu'un hôtel, elle libérait du pouvoir d'achat. En restreignant l'offre, la loi amenuise cette économie. Été 2025 : les vacanciers sont là, mais les portefeuilles se ferment — transport et hébergement en hausse (+9 % sur le prix moyen d'une chambre d'hôtel), concurrence de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal.
Réguler, oui. Caricaturer, non.
Derrière la location courte durée : des milliers d'emplois locaux non délocalisables, un pilier du tourisme (près de 10 % du PIB), des centaines d'entreprises de conciergerie et d'artisans. Le vrai sujet parisien, ce sont les résidences secondaires — des centaines de milliers de logements peu occupés. L'enjeu n'est pas d'interdire, mais de trouver un équilibre intelligent.